Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/04/2014

L’absence d’un leadership politique à Kinshasa menace la RD-Congo….

 

 

On me dira, par ses partisans, que la question de leadership ne se pose dès lors que le Vieux est là, c’est-à-dire Tshisekedi. Pour moi, Tshisekedi avec son combat et sa nature, la nature de sa lutte, est plus un symbole national, je dirais un « Mythe national » au lieu qu’un leader qui lui doit conquérir le pouvoir et le gérer. Comme mythe, le Vieux a cessé d’appartenir à sa famille biologique, à ses enfants et à maman Marthe. Non plus, il n’appartient à son parti politique d’origine l’UDPS. Et chercher à s’approprier un mythe, comme tout le monde le fait, est à mes yeux une faute ou une erreur de goût.

Le 13 avril 1992, Mandela annonce sa séparation avec Winnie en ces termes : « je suis persuadé que la vie de ma femme a été plus difficile que la mienne. [….] Elle avait épousé un homme qui devait la quitter, […] cet homme était devenu un mythe ; puis ce mythe revenu chez lui et s’était révélé n’être qu’un homme. […] mes enfants m’ont dit : "Nous pensions que nous avions un père et qu’un jour il reviendrait. Mais à notre grande consternation notre père est revenu et il nous a laissés parce qu’il était devenu le père de la Nation » (Mandela, 1995 :619-620).

Dès lors, on ne peut rien attendre de lui sauf que le mythe on s’en sert par des volontés individuelles qui sont acteurs d’histoire, en vue de mobiliser des masses, de bâtir des nations et de construire des identités nationales. Chaque peuple se fabrique ses mythes pour des objectifs bien précis. Attendre du mythe qu’il agisse ou fasse quelque chose, et dans le type de combat, de libération que mène le peuple du Congo, relève d’une naïveté grave en politique. Le mythe, il n’est question ni de l’aimer, ni de ne pas l’aimer. Pour ce qui est du sentiment et du zèle, il faudra l’abandonner à la masse qui veut et cherche à être séduite mais des volontés individuelles écrivent, elles, et contribuent à l’écriture de l’histoire. On recourt au mythe comme une arme parce qu’il doit désengager, provoquer et déstabiliser les positions des adversaires pour qui un peuple qui entretient son mythe devient dangereux comme il nourrit la mémoire collective.

Les partisans de « Joseph Kabila » affirmeront en toute innocence également que « Joseph Kabila » incarne le leadership du côté de ceux qui s’imaginent appartenir au camp du pouvoir. « Joseph Kabila » avec des années passées à la tête de ce qui parait être le pouvoir est plus un « parrain » qui lui-même est parrainé, Avec la fortune amassée et le possibilité de nommer ses thuriféraires à des postes de commandement , une clientèle politique et économique s’est créée autour de lui et non pour ses idées, il n’en a pas, non pour sa stature, c’est un homme effacé. Il ne fait pas un leader. Et il ne saura l’être. D’où, je persiste et signe, et ce après moult observations, qu’il manque un leadership au Congo à même de s’émanciper des prisons environnantes et qui nait d’un combat sans merci entre plusieurs forces internes, conscientes de leur existence et agissant comme acteurs et non comme c’est le cas aujourd’hui des personnages de fiction pour incarner des rôles dessinés par autrui.et pour eux.

Je me demande, si réellement ces forces politiques internes existaient, pourquoi elles ont peur de s’affronter pour que de leur affrontement naisse un leadership qui s’impose et imposable à tous. Ailleurs, des forces politiques s’affrontent et des fois avec des couteaux. Ce n’est pas le cas avec des Congolais et au Congo où tout le monde se terre derrière la masse et le peuple...

Quelques jours ou mois avant 1997, à la fin des années 1993-1994, la « classe politique » congolaise de l’époque s’amusait dans des concertations politiques pour trouver qui sera ou ne sera pas premier ministre. C’était en toute innocence et sans s’interroger du lendemain, par exemple des forces extérieures qui elles restent aux aguets depuis 1960 et contrôlent la RD-Congo. Avertie de la maladie de Mobutu et de sa mort prévue, la classe politique congolaise s’est montrée incapable d’anticiper l’histoire et voire de surprendre les acteurs externes. Ces derniers ont fini dans leur combat contre le Congo d’imposer la « tutsisation » du pouvoir à Kinshasa. Tout le monde était surpris et les mobutistes qui étaient chassés du pouvoir et l’opposition contre les Mobutistes, pour qui seul Mobutu était considéré comme le principal et l’unique adversaire, était également chassé du pouvoir. L’Occident a préféré faire gérer le Congo par Paul Kagamé et son cheval de Troie.

L’histoire a horreur du vide. Et elle risque de se répéter mais encore une fois au détriment de la nation congolaise. Le peuple du Congo a eu à regarder, à écouter ici et là. Les marchands ue mirage lui ont vendu une certaine idée de la démocratie alors qu’il s’offrait pour le sacrifice. Et d’autres, au nom de la même démocratie, ont conduit le peuple du Congo aux élections et ce avec promesse d’en finir avec le cas de "Joseph kabila". Ils l’ont fait en 2006 comme en 2011. De nouveau, les mêmes refont surface et ré-entonnent la même mélodie Malu Malu ici, referendum, constitution, élections. Mais c’est quoi toute cette histoire? Personne ne se rend compte que le peuple en a marre et assez. Que chacun fasse alors ce qu’il comprend. Quant à nous, nous affirmons haut et fort qu’un sentier ne se forme qu’à force d’y marcher dessus"

08:42 Écrit par Tatu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

Rwanda: la France annule sa participation aux commémorations du génocide

 

 

La France a décidé d’annuler sa participation aux commémorations du 20e anniversaire du génocide rwandais, après les déclarations du président Paul Kagame l’accusant d’avoir participé aux massacres, a annoncé samedi 05 avril le ministère des Affaires étrangères.

"La France est surprise par les récentes accusations portées à son encontre par le président du Rwanda" qui "sont en contradiction avec le processus de dialogue et de réconciliation engagé depuis plusieurs années entre nos deux pays", a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay Romain Nadal.

"Dans ces conditions, Mme (Christiane) Taubira, Garde des Sceaux, ministre de la Justice ne se rendra pas ce lundi à Kigali", a-t-il ajouté, alors que Mme Taubira avait été choisie par le président François Hollande pour représenter la France aux cérémonies.

"La France regrette de ne pouvoir prendre part aux commémorations du 20e anniversaire du génocide, car elle tient à s’incliner devant la mémoire des victimes et à s’associer au deuil des familles et du peuple rwandais", a ajouté le porte-parole.

Dans une interview à paraître dimanche dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, le président rwandais Paul Kagame accuse une nouvelle fois la France de "participation" à l’"exécution" du génocide de 1994, qui a fait 800.000 morts, principalement tutsi.

Evoquant la question des responsabilités, Paul Kagame dénonce le "rôle direct de la Belgique et de la France dans la préparation politique du génocide et la participation de cette dernière à son exécution même". Il accuse les soldats français de l’opération militaro-humanitaire Turquoise, déployée en juin 1994 sous mandat de l’ONU dans le sud du pays, d’avoir été "complices certes" mais aussi "acteurs" des massacres.

Ces accusations ont été maintes fois démenties par Paris. Dans une première réaction, la présidence française avait jugé samedi que les nouvelles déclarations de M. Kagame n’allaient "pas dans le sens de l’apaisement".

08:37 Écrit par Tatu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

Lettre ouverte à Joseph Kabila

 

 

 

Devant votre mépris à l’égard de mes concitoyens, j’ai décidé de vous adresser cette lettre ouverte, en suite de celle que je vous avais adressées en 2012, décrivant, sans détour, comme calamiteux votre bilan à la présidence de la République Démocratique du Congo. Celle d’aujourd’hui aurait pu s’intituler autrement !

Je rejoins, sans coup férir, l’inquiétude et la préoccupation de la cinquantaine de députés de l’opposition, qui se sont opposés ce jeudi 27 mars 2014, à Kinshasa à « toute initiative » qui vous permettrait de rester au pouvoir « au-delà de 2016 », au terme de votre « deuxième » mandat, autorisé par la Constitution de la République.

Malgré ce dispositif, vous vous êtes permis de convoquer, récemment, dans votre ferme privée à Kingakati, les oligarques de votre régime, pour peaufiner des stratégies qui vous permettrait de torpiller, une fois de plus, la Constitution. Près de 500 collaborateurs, paraît-il !

Il est quand même formidable que vous tentiez de vous imposer, de forfait en forfait, de transgression en transgression, alors que, pour vous, le Congo est devenu une présidence dont le modèle de succession ne s’opère plus de père en fils : vous n’êtes pas le roi du Congo. Vous n’êtes que le Président de la République, bénéficiant, pour cinq ans, d’un mandat du pouvoir, par la décision de la Constitution.

Aujourd’hui, vous endossez une paire de souliers rouge, demain, ce sera le noir, le surlendemain, ce sera le vert, etc. Toute chaussure étant à votre taille. Faut-il vous le répéter, vous n’êtes qu’un simple «individu», un « sujet », à compter comme « une unité » parmi les millions de citoyens de ce pays, forts intelligents, rationnels, mais dont l’expérience est mise à sac, sens dessus dessous, par une dictature et une gestion obsolète de la société par votre régime politique.

Je vous le dis en face, pour que nos enfants congolais authentiques ne trouvent pas demain, les ruines et la désolation dans un pays où la nature avait tout prévu pour la survivance, que dis-je, dans un pays où devait couler à flot le lait et le miel !

Monsieur,

Eu égard à la situation dégradante de l’homme congolais d’aujourd’hui, craint par le passé, zaïrois de l’époque, avec un Roi du Zaïre, par respect donc, pour l’histoire, je vous demande, Monsieur Joseph Kabila, de cesser d’abuser du pouvoir, au prix de la vie de la misère grandissante de millions de congolais ! Vous les prenez pour des enfants, des esclaves, des prisonniers, des butins de guerre de l’AFDL. C’est là que vous affichez votre mépris sans sentiment de participation !

Comment pouvez-vous avoir le culot de convoquer, dans votre résidence privée, dans une ferme, des institutions de l’Etat, comme si tout ce beau monde n’était que, l’assemblée de vos élèves, dont vous êtes le maître à penser ? Il est très étonnant donc, que vous le ayez convoqués, pour leur « communiquer » sans plus, le nouveau visage sinistre que vous entendez infliger à notre cher Congo, notre pays à tous devenu selon vous, votre propriété privée. Force est donc pour nous, peuple congolais, de vous dire : STOP !

Votre comportement et vos gestes prouvent que vous souffrez, sans nul doute, de l’ivresse du pouvoir. Il est temps de dégager, sans essayer de tergiverser !

Monsieur,

Si, en treize ans de pouvoir, vous n’avez pas pu imprimer votre empreinte sociale, politique et économique à l’histoire du peuple congolais, même si, par naïveté, on vous ajoutait cinq ans voire plus, vous n’en ferez rien, sinon pour mieux saccager l’Etat congolais, déjà fortement handicapé par votre conduite avec des hommes et des femmes sans imagination, mais restent complices pour perpétuer la souffrance de tout un peuple.

Tout ceci pour vous dire qu’il y a urgence pour que le peuple pacifique de la République Démocratique du Congo se débarrasse de vous, car vous êtes le plus médiocre homme d’Etat que le Congo ait connu, et vous faites la honte, non seulement à notre pays mais à l’Afrique noire toute entière !

Il est temps de céder la place, de dégager aussi vite que possible, car, votre place est ailleurs, loin du pouvoir au Congo ! Certainement à La Haye, où vous aurez à répondre de tous les crimes commis contre le peuple congolais. La fin tant souhaitée de votre règne macabre devra ouvrir pour le Congo une ère nouvelle. Une ère de liberté et de vraie démocratie.

08:33 Écrit par Tatu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

Election au suffrage «indirect», un danger

 

 

Depuis 2006, toutes les élections au suffrage universel «indirect» organisées en RDC sont monnayées par ceux qui votent. Tout le monde le sait et…joue le jeu. Le jeu de la corruption. Les uns et les autres estiment n’avoir pas le choix, la corruption politique s’étant institutionnalisée. L’ambition d’accéder au pouvoir justifie-t-elle le recours à tout moyen, avilissant soit-il ?

La dernière élection organisée en date dans le pays est celle du gouverneur de la province de l’Equateur, lequel a été élu par les députés provinciaux, comme le veut la Constitution. Le rédacteur de ces lignes était à Mbandaka le jour du vote, le 10 juin 2013. Le surlendemain, il recevra la confidence d’un proche qui, à son tour, avait reçu l’aveu intime d’un député provincial, un personnage de petite vertu et aimant la bouteille, qui lui est aussi proche. «En moins de deux jours, aurait dit le député, j’ai reçu 15.000 dollars de cinq candidats gouverneurs. Celui qui a offert plus m’a remis 7.000 dollars. Comme je ne pouvais voter que pour une personne, dans le secret de l’isoloir, j’ai donné ma voix à un seul de ces candidats».

Le jour qui a suivi l’élection, certains candidats malheureux - particulièrement ceux qui n’ont obtenu aucune voix - ont tenu à récupérer leur argent. Ils se sont rendus, accompagnés de gros bras, aux domiciles des députés escrocs. En d’autres cas, on aurait trouvé leur démarche normale, une dette pouvant être quérable. Mais ici, il a été question d’un malentendu entre «filous», d’une transaction où des corrupteurs ont estimé avoir été «abusés» et être en droit d’aller réclamer leurs mises et de se faire justice. Il y a eu bagarres et blessures. Tout Mbandaka l’avait appris car les médias en avaient parlé. Mais personne n’aura jamais été arrêté : ni les corrompus ni les corrupteurs. Bien malgré l’existence d’un Parquet dans la ville.

L’on apprend que le député national de la Majorité Présidentielle, Henri-Thomas Lokondo, propose la création d’une «Agence nationale de lutte contre la corruption». A-t-il ainsi pris la mesure de la gravité des dégats que cette abaissante pratique cause à la vie politique et économique du pays ? Quelle sera la particularité de l’agence et parviendra-t-elle à s’attaquer efficacement à cette «gangrène» quand les structures légales et traditionnelles chargées de la traque et de la sanction des délinquants (la police et la justice) n’arrivent pas à l’endiguer ? De quels moyens et de quel pouvoir de coercition disposerait la dite agence sur les grands corrupteurs qui, c’est connu, se trouvent parmi les puissants du pays et lesquels sont quasi tous au sein ou proches de la…Majorité Présidentielle ?

Si elle est créée, l’Agence aura à «recevoir» du beau monde. Surtout avec le suffrage universel «indirect», mode de scrutin de l’élection des gouverneurs et des sénateurs, qui a aggravé la corruption politique en RDC depuis la fin de la Transition dite «1+4» en 2006. Et c’est ce scrutin que le président de la Céni, Apollinaire MaluMalu, relayant la volonté de Joseph Kabila, propose au Parlement pour l’élection du futur président de la République.

Le Sénat et l’Assemblée nationale totalisent 608 parlementaires qui, réunis en Congrès, seraient les futurs électeurs du chef de l’Etat. Députés et sénateurs dont certains sont proverbialement vénaux, donnant souvent leurs voix contre l’argent et au plus offrant. Il suffira au candidat plus fortuné d’approcher 400 d’entre eux, et à qui il remettrait par exemple 100 mille dollars à chacun, pour devenir le président de la RDC. Il dépenserait ainsi pour « l’affaire », rapide opération de multiplication faite, 40 millions de dollars. Somme que pourraient vite rassembler, à défaut d’en disposer lui-même, des « amis » hommes d’affaires du candidat contre des promesses de carrés miniers ou moult autres avantages économiques à leur accorder en cas de victoire. Le régime congolais deviendrait ainsi (davantage) une ploutocratie, une « démocratie des riches ». Nicolas Sarkozy aurait bénéficié, on le soupçonne, de ce genre de
«gentillesse» auprès des amis français et libyens qui lui auraient délié leurs bourses pour le soutien de sa campagne électorale de 2007. La justice française s’y penche, activement. Il est reproché à l’ancien président français le financement illégal (non déclaré) de ladite campagne. Et non une corruption de grands électeurs, le chef de l’Etat français étant élu au suffrage universel
«direct».

Un candidat en fonction en RDC peut, lui, très facilement obtenir 40 millions de dollars à moins de trois jours. Quelque quatre ou cinq coups de fil, à l’intérieur du pays et à l’extérieur, lui suffiraient. Et s’enrichissant au fil des années, il pourrait ainsi, sans limitation des mandats, rester, autant de temps qu’il le voudra, à la tête du pays. C’est cette démocratie de la corruption que le pays connatraît avec l’élection au suffrage universel «indirect» que propose Apollinaire MaluMalu, et si les parlementaires congolais l’adoptaient. C.Q.F.D.

08:31 Écrit par Tatu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

Bujumbura : Banamuhere à couteau tiré avec la communauté congolaise

 

 

Des membres de la communauté congolaise et des commerçants congolais désireux d’obtenir un visa de voyage à Bujumbura accusent l’ambassadeur du Congo-Kinshasa au Burundi, Salomon Banamuhere Baliene, de les soumettre à des tracasseries administratives. Tout demandeur d’un visa de voyage doit être muni d’une note de la mission diplomatique congolaise. Le coût de ce document – non exigé par les ambassades étrangères - est passé de 5 à 50 $ US. D’autres citoyens reprochent au diplomate de traiter ses concitoyens de manière inégale selon qu’on est Nande ou membre d’une autre tribu. Joint au téléphone, samedi 5 avril, dans la capitale burundaise, l’ambassadeur qualifie les allégations de ses contradicteurs de «conneries». Des membres de la diaspora congolaise eux demandent "la suppression pure et simple" de ce document.

Depuis la nuit des temps, les missions diplomatiques zaïro-congolaises entretiennent des rapports charivariques avec les membres de la diaspora de leur juridiction. Sous le régime mono-partisan de Mobutu Sese Sese, les Zaïrois de l’étranger étaient suspectés d’être des «opposants». Du berger à la bergère, ces derniers se méfiaient de leurs ambassades perçues, à tort ou à raison, pour des «nids à barbouzes». Des barbouzes chargés de les traquer.

Dix-sept années après le changement de régime intervenu à Kinshasa, les vieux réflexes semblent avoir la peau dure. La confiance mutuelle peine à caractériser les relations entre les parties précitées. Le pluralisme proclamé
dans la Constitution promulguée en février 2006 n’a apporté aucune mutation au niveau mental. L’unanimisme semble toujours de rigueur. La méfiance réciproque, mêmement.

Samedi 05 avril, la rédaction de Congo Indépendant reçoit un appel téléphonique en provenance du Burundi (+257). Qui est au bout du fil ? Un ressortissant congolais qui préfère garder l’anonymat. L’homme fait d’emblée état du «climat délétère» qui règnerait, selon lui, entre l’ambassadeur congolais à Bujumbura, Salomon Banamuhere, et des membres de la communauté congolaise dans ce pays voisin. «Je voudrais, dit-il, que votre journal fasse connaitre aux autorités du pays les tracasseries que nous subissons de la part de ce diplomate. Je vous prie de l’écrire avant que la situation ne prenne une tournure dramatique. Les gens sont excédés...».

Visa chinois

Pour minimiser les frais, des commerçants congolais vivant à Moba et à Kalemie, au Katanga, se rendent souvent dans la capitale burundaise pour demander le visa de voyage notamment à l’ambassade de Chine. C’est le cas également, des hommes d’affaires basés à Bukavu et Uvira. Cette dernière ville du Sud Kivu serait à "quinze minutes en moto" de "Buja", le petit nom de la capitale burundaise. Les Congolais aiment vanter l’hospitalité spontanée de ce peuple voisin. «Les ambassades étrangères y délivrent les visas sans aucun problème ni autre exigence que celle d’avoir un passeport en cours de validité et acquitter un montant de 150 $US». Où se situe le problème?

A en croire notre source, à la demande de la mission diplomatique congolaise, les ambassades accréditées à Bujumbura exigeraient que toute demande de visa émanant d’un sujet congolais soit accompagnée d’une note verbale de son ambassade. Cette pratique a été instaurée à un moment où le Congo démocratique faisait face à un réseau de trafiquants de faux documents de voyage congolais. «A l’époque, une note verbale revenait à 5 $ US, souligne notre interlocuteur. Depuis l’arrivée en poste de Salomon Banamuhere, les candidats au voyage doivent débourser 50 $ US pour obtenir cette note». Il poursuit en accusant l’ambassadeur de «tribalisme»: «L’ambassadeur Banamuhere, membre de l’ethnie Nande, privilégie les demandes de notes verbales émanant des commerçants issus de cette communauté au détriment des autres Congolais obligés d’attendre parfois six mois avant de l’obtenir».

Profitant du séjour du président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku à Bujumbura, le représentant de la diaspora congolaise du Burundi, Jean-Baptiste Bashale, aurait tenté, sans succès, vendredi 04 avril, d’approcher le «Speaker» congolais pour évoquer cette sitauation. Banamuhere est pointé du doigt. «L’ambassadeur nous a empêché de parler à Minaku de peur d’étaler la mauvaise gestion qui règne dans cette ambassade dont l’intérim est souvent assuré par un de ses fils».

Co-fondateur du PPRD

On apprenait dans la foulée que plusieurs membres du personnel de ce poste ont été «renvoyés» par le chef de mission. C’est le cas notamment de Saïdi Kongolo, Mukena Jean Nicolas, Mme Kambale Feza et un certain Nkusu. Il en serait de même du ministre conseiller Katanga wa Banza.

Qui est Salomon Banamuhere Baliene? Agé de 53 ans, licencié en biologie et spécialiste des questions environnementales, l’homme ferait partie du petit cercle des fidèles parmi les fidèles de "Joseph Kabila". Le diplomate aime à l’occasion brandir sa "proximité" avec le "raïs". Membre co-fondateur du parti présidentiel (PPRD), "Salomon" a dirigé plusieurs postes ministérielles (Environnement, Agriculture, Affaires foncières, Energie) avant d’être élu député national en 2006.

Pour entendre l’autre son de cloche, l’auteur de ces lignes a joint au téléphone, dans l’après-midi de samedi, Salomon Banamuhere. Le contact est glacial : «Vous avez déjà écrit contre moi dans votre journal, réagit le diplomate. Avant de répondre à vos questions, je vous demande d’abord de supprimer le précédent article qui se trouve encore sur votre site. Je vous avais envoyé un droit de réponse qui n’a pas été publié». Après quelques échanges, «Salomon» se dit disposé de répondre aux questions de Congo Indépendant.

Arbitraire

En une phrase liminaire, il commence par écarter avec un certain dédain les "allégations" de ses critiques. Une exception : la note verbale «vendue» à 50 $ US. Le diplomate confirme ce montant. En guise de justification , il dit : «Cette procédure a été instaurée pour combattre un réseau de trafiquants de faux passeports. La note verbale revient à 50$ US». A-t-il empêché les membres de la communauté congolaise à rencontrer Aubin Minaku ? «C’est archifaux ! Le président de l’Assemblée nationale a terminé ses réunions le vendredi à 18 h00. Il a rencontré par la suite des membres de la communauté dont des fonctionnaires internationaux… ». Quid des membres du personnel de l’ambassade «congédiés» de "manière arbitraire" et qui attendent toujours leur rapatriement? Un petit éclat de rire fuse. Saïdi Kongolo ? «Il a été déclaré persona non grata par le gouvernement burundais». Mukena Jean-Nicolas ? «Je l’ai remis à la disposition de la Centrale à Kinshasa suite à une affaire de trafic d’influence». Mme Kambale Feza ? «C’est une diplomate fin terme. Elle est en voie de rapatriement. Elle se trouve au Canada où elle reçoit des soins».

S’agissant de l’agent Nkusu, Banamuhere assure qu’il s’agit d’un «engagé local». Il avait un contrat à durée déterminée de deux ans renouvelable. En clair, le diplomate a refusé de reconduire ledit contrat. Les commerçants Nande seraient-ils privilégiés par rapport à ceux des autres ethnies ? «Ce sont mes ennemis qui racontent ce genre de choses. Je n’ai pas le temps de répondre à tous les écrits. Le chien aboie, la caravane passe», conclut-il.

A Bujumbura, les membres de la diaspora congolaise persistent et signent en accusant, «Salomon» de clamer à qui voudrait l’entendre qu’il est «au service des Nande». Notre source de lancer : «Il est urgent que le ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda et son vice-ministre Célestin Tunda ya Kasende rappellent à l’ordre cet ambassadeur dont les frasques alimentent les potins à Bujumbura. D’aucuns se demandent si l’Etat de droit existe encore au Congo. Nous demandons aux autorités de notre pays de procéder à la suppression de cette note verbale, un handicap aux activités des paisibles commerçants...».

08:28 Écrit par Tatu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer