03/01/2013

RDC:Profession de foi, mon pays survivra aux vicissitudes actuels

L’année nouvelle débute sur un ton mélancolique. La nation congolaise a été endeuillée. Elle a été victime des agresseurs invertébrés qui ont pris pour cible une partie du pays.

Un tableau sombre

La guerre de basse intensité qui y est menée a fini par nous faire croire, puisque nous subissons revers sur revers et humiliation sur humiliation, que nous ne sommes bon à rien. De-là à se douter de nos propres capacités, de nos propres forces, il n’y a qu’un pas. La chose la plus bizarre qui puise arriver à une personne humaine et pire à une nation, c’est de perdre l’estime de soi. Perdre le sens de fierté nationale. Il y a de quoi car, la nation est anéantie dans le doute. Elle est submergée par la fatalité d’impuissance devant un nain. L’appareil étatique semble tourner à rond, décelant une totale perte de vitesse. Le tableau que nous avons de nous-mêmes est négatif. Sur le plan militaire, les forces rwandaises qui ont infiltré nos troupes au plus haut sommet se jouent de nos vaillants soldats. Ces derniers sont souvent désemparés, désorientés et déroutés au moment décisif où ils peuvent porter un coup fatal à l’ennemi. À force d’être surpris par ses ennemis on finit par croire à leur supériorité. On attribue en effet à James Kabarebe et à Kagame de plus haut mérite en termes de stratégie.

En politique, rien ne va non plus depuis que les usurpateurs se sont installés par la force au pouvoir. Ils font du sur place. Les conditions sociales ne se sont guère améliorées. On chante la gloire de « la révolution de la modernité » qui demeure jusqu’à ce jour un slogan creux. L’imperium promis par le président élu tarde à venir. Le scepticisme gagne de plus en plus le terrain. On se demande si une année après, le président élu pourrait encore se prévaloir de ses prérogatives et prétendre exercer légitimement un jour ses fonctions. De l’autre côté, nous avons ce double discours et ce double jeu de la part de l’imposteur national qui trône encore au pouvoir. Bientôt, il totalisera 12 ans d’exercice. On continue à le minimiser mais lui, en caméléon qu’il est, sait adapter son langage. Il se tait autant qu’il le peut même si l’urgence lui dicte d’intervenir. Il a mis plus de six mois pour indexer le Rwanda alors qu’il sait pertinemment bien toutes les combines qui se passent. N’était-il pas le premier à aller célébrer en Ouganda la chute de Goma avec ses compères, complices du lourd complot qui pèse sur le pays ?

Conserver la mémoire historique

Face à cette situation troublante, malveillante et apocalyptique, nous devons garder notre lucidité et ne pas perdre espoir. Nous avons un grand pays. Nous sommes un grand peuple en dépit tout. La main mise du Rwanda sur notre pays qui nous paraît éternelle n’est qu’un accident de l’histoire. C’est un moment qui s’effacera rapidement. Nous avons, avec raison, l’impression que cette aventure a trop duré. Il en est effectivement ainsi au regard de l’immense perte des vies humaines. Environ 8.000.000 de morts. C’est un bilan très lourd. C’est un passif qui n’a point besoin de commentaires. Mais, c’est qui est important dans l’histoire d’un pays c’est la mémoire historique. C’est la détermination de ne pas se laisser écraser par ceux qui jouent avec les vies humaines et se montrent insensibles à la détresse des autres pour une question de gros intérêts. Tout cela est passager. Tout cela est momentané. C’est la conviction suprême que chaque Congolais devra nourrir au fond de lui-même. Nous devons croire que nous avons des capacités énormes de retourner la situation en notre faveur. De reprendre la commande des opérations.

S’en tenir à l’objectif primordial

Nous pouvons anéantir le Rwanda en quelques heures. Mais là n’est pas notre objectif. Notre objectif primordial est de se dire que nous avons un pays et nous le garderons intact en dépit tout. Il faut pérenniser un camp de refus qui s’opposera à toute tentative de balkanisation dictée par les forces externes ou par la voie des armes. Nous devons compter sur la volonté d’unité qui nous a toujours caractérisée. Nous devons en tout et pour tout miser sur notre attachement à la terre de nos aïeux et nous accrocher indéfectiblement à notre patrimoine national. Car, qu’on le veuille ou non, le Congolais aime son pays et est sensible à tout ce qui touche sa patrie.

Accentuer l’éveil de conscience

En dépit de nos faiblesses, nous savons donner le meilleur de nous-mêmes. Nous avions démontré à la face du monde que l’homme congolais n’est pas celui que les stéréotypes véhiculent abusivement. L’éveil de conscience qu’a suscité le hold-up électoral dans le chef de tous les Congolais est une force énorme à ne pas minimiser. Nous avons été témoin de l’implication d’une grande majorité du peuple congolais dans la revendication de la vérité des urnes. Nous avons vu les Mamans, que cela soit au pays ou à l’extérieur, se lever et accompagner leurs maris et leurs enfants sur le terrain de la revendication. Nous avons surtout vu les nôtres tomber sous les balles de la répression pour tenter de récupérer ce qui était dû au peuple congolais à travers son choix souverain. Tout cela n’est pas à déconsidérer. C’est du capital énorme. C’est un investissement qui se transformera en action foudroyante le moment venu. Nous pouvons tous être fiers d’avoir engagé des jeunes générations dans la défense de la cause du pays. Les jeunes enfants nés et grandis à l’extérieur sont aujourd’hui les grands défenseurs du pays. En vertu de cela, nous pouvons croire et affirmer que ce pays ne nous échappera pas.

Besoin d’un changement majeur

Toutefois, il est question que l’on ne perde pas de vue quels sont les obstacles qui sont sur notre chemin. Le problème qui accable aujourd’hui notre pays n’est pas lié à un seul facteur. Il est multifactoriel et multidisciplinaire. Cependant, comme il sied à toute personne qui est affligée par plusieurs maux, il faudra prendre le temps de les identifier et d’en faire un ordre de priorité pour les résoudre. De ce fait, il apparaît sans l’ombre d’un doute que le problème du Congo ne peut se résoudre à l’heure actuelle sans le changement à la tête du pays. Le tout commence par-là. Ce changement majeur affectera d’autres paliers. Tel qu’un effet domino, il provoquera de chambardements partout. C’est pourquoi, il est impérieux d’appuyer des acteurs politiques susceptibles de nous amener au vrai changement politique, social et économique. C’est la seule façon qui nous permettra de bâtir une société démocratique où régnera un État de droit.

Garder l’espoir intact

Nous sommes le pays qui a engendré Kimpa Vita, Simon Kimbangu, Patrice Émery Lumumba, Cardinal Malula, Mgr Kataliko et tant d’autres valeureuses personnes. Nous avons parmi nous des personnes dignes de diriger ce pays en apportant la culture de l’excellence et le dynamisme nécessaire à la promotion du bien-être collectif. Reconstruire ce pays, le doter d’une armée capable de le défendre est une question de peu de temps qui est confinée dans la volonté politique. Il faut être convaincu de nos forces et de nos potentialités humaines, de nos ressources matérielles et physiques. Nous avons tout ce qu’il faut pour transformer ce pays en un paradis. Voila pourquoi en ce début de l’année 2013 nous devons tous évoquer notre dignité ainsi que la grandeur de notre nation. Voila pourquoi, il faudra croire dur comme fer que ce pays ne sera balkanisé si nous y opposons fermement. Et si nous passons le flambeau de ce refus aux générations futures. Demain quand toutes les conditions seront réunies, plus rien ne nous fermera. Mon pays est grand et avec lui resplendit la grandeur du peuple congolais. Gardons notre espoir intact et nous pouvons tous faire cette profession de foi : notre pays survivra aux vicissitudes actuels.

08:32 Écrit par Tatu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

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